la petite écuyère

jbpEditions Baleine, 1995
Librio, 94 p.

♥♥♥♥

Quand le train ou le métro dans lequel on voyage s'arrête longuement entre deux gares ou stations, et qu'on finit par entendre l'euphémisme 'incident de voyageur', on peut pester parce qu'on va être en retard. On peut aussi penser, tous poils debout d'effroi, aux proches qui vont apprendre la terrible nouvelle, et au désespoir, en amont, si ledit 'incident' était volontaire...

Ce roman de JB Pouy s'ouvre donc sur ce genre de "petit aléa" du métier de conducteur de train, dont on se demande comment le cheminot peut se remettre, et qui pour moi justifie largement une retraite à 55 ans.
Heureusement, le ton Pouy arrive à la vitesse d'un Corail au galop, et l'on se détend au bout de quelques pages, grand sourire aux lèvres, qui ne nous lâche guère (sauf pour rire franchement) car les jeux de mots, clins d'oeil, reparties et images amusantes s'enchaînent. On sent que ça va être un bon cru.
Pour une fois, l'intrigue m'a intéressée, presque jusqu'à la fin un peu trop action - mais on est dans la parodie du justicier testostéroné, je suppose.

C'est dans ce roman que j'ai fait connaissance avec le Poulpe, personnage sympathique et cool, que je n'ai pas pu m'empêcher d'associer à l'auteur, bien que leurs silhouettes soient très différentes.
« Car c'était ça, Gabriel. Pas le vengeur masqué. Simplement quelqu'un qui contrebalançait la vacherie du monde en tatanant quelques indélicats, en remettant des salauds sur le chemin de la rédemption, en expérimentant une technique toute personnelle de reprise individuelle. »

Le Poulpe est une série comptant près de 300 o(cto)pus. On y retrouve Gabriel, forcément, mais les auteurs changent à chaque numéro, et j'ai lu que ce premier était le meilleur.
Plutôt que de suivre Gabriel, je vais donc continuer à découvrir JB Pouy, parce qu'il est drôle, n'aime pas les cathos intégristes... et écrit de jolies scènes d'amour. Tout pour (me) plaire ! ♥

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